Haïti en 2004 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
10-03-2006

Contexte

La crise politique qui affecte Haïti depuis les élections contestées de mai 2000, présageait une dégradation de la situation.
L'intensification de cette crise en décembre 2003, accompagnée de la pression internationale, a provoqué, le 29 février 2004, la démission du Président Jean-Bertrand Aristide et son départ en exil. En mars 2004, un gouvernement de transition mené par Gérard Latortue, Premier Ministre, était constitué, avec pour principal mandat d'organiser des élections libres fin 2005.
En juin 2004, la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haïti) a remplacé les forces armées multinationales, déployées sur le territoire depuis le départ du président déchu. Mais le passage de 2 ouragans, au printemps et à la fin de l'été, provoquant de terribles inondations et la mort de milliers de personnes dans plusieurs régions du pays, retarde encore la mise en place de ce processus, le gouvernement s'étant attaché à l'aide d'urgence aux populations sinistrées.

L'action de l'APEFE en Haïti, soutenue Wallonie Bruxelles, remonte à 1997. La crise politique qui a paralysé le pays entre mai 2000 et mars 2004, a provoqué le gel des financements de la coopération internationale et a empêché le renouvellement d'un programme de travail par la tenue d'une commission mixte initialement planifiée en 2002. Dans ce contexte, l'APEFE, en attente d'un déblocage de la situation politico-économique du pays, poursuivait donc uniquement les interventions en cours.

L'installation d'un gouvernement de transition légitimé par la communauté internationale depuis mars 2004, couplée au déploiement d'une mission de stabilisation des Nations Unies, augure une reprise de la coopération internationale.  Cette volonté de relance se traduit par l'élaboration d'un cadre de coopération intérimaire (CCI) au sein duquel participent activement le gouvernement et les bailleurs de fonds. Ce cadre est multisectoriel.

Si le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté en Haïti, est en élaboration, le gouvernement haïtien a néanmoins arrêté ses grands choix stratégiques en matière d'éducation en les définissant dans le cadre d'un Plan National d'Education et de Formation (PNEF), où sont priorisés les axes majeurs d'intervention  suivants :

> l'amélioration de la qualité de l'éducation,
> l'augmentation de l'accès à l'éducation,
> la relance de la formation professionnelle et technique,
> le renforcement des capacités de gestion et de planification du secteur.

L'APEFE participe au groupe sectoriel « Education » et concentre son intervention sur ce secteur prioritaire. 

Le secteur de l'éducation est divisé en sous-secteurs: la formation professionnelle, l'enseignement secondaire et les équipements scolaires et formation.

Les interventions consistent, d'une part depuis 1999, à améliorer les compétences des techniciens du secteur de l'automobile, et d'autre part, à renforcer l'enseignement des sciences de base (mise en place d'une licence en chimie et, depuis 2003, production locale de matériel didactique pour l'enseignement des sciences à l'école secondaire).

La programmation APEFE est en parfaite convergence avec le programme de travail Wallonie-Bruxelles.

Pendant la période marquée par la crise politique haïtienne, c'est-à-dire jusqu'en mars 2004 où un gouvernement reconnu a été mis en place, Haïti ne figurait plus au nombre des pays retenus comme prioritaires par la coopération fédérale belge. L'APEFE a néanmoins décidé de poursuivre les interventions déjà en cours en faveur de ce pays considéré comme le plus pauvre des Amériques et de la Caraïbe. La coopération internationale quant à elle, reprit ses interventions au lendemain de la désignation d'un gouvernement légitime.
Le personnel APEFE a été évacué à deux reprises, de la mi-décembre 2003 à la mi-janvier 2004, et ensuite de fin février 2004 à fin mars 2004.   De graves troubles ont encore été enregistrés en octobre et novembre 2004.

Projets et interventions

Au regard de la faiblesse du système éducatif haïtien, et plus spécifiquement, du système de formation professionnelle et technique, l'APEFE a décidé de développer un programme dans  ce secteur générateur d'emploi et donc de développement humain durable.


2.1. Education : formation professionnelle 
Appliquée aux filières « mécanique automobile », « construction bâtiment » et « électromécanique »

La stagnation de l'économie haïtienne est indéniable.  La demande de formation est forte mais les débouchés sont limités, l'économie haïtienne ayant de nombreuses limites d'absorption de la main d'Suvre formelle.  Il est donc urgent de préparer le pays à une relance de l'économie, d'offrir la possibilité aux jeunes de se former,  de leur permettre de s'intégrer sur le marché du travail ou de créer leur propre entreprise.

En Haïti, le système de formation professionnelle est totalement déconnecté du secteur privé et des affaires.  Les entreprises ne trouvent généralement ni ouvriers, ni techniciens qualifiés et, d'autre part, les écoles professionnelles n'ont aucun feedback de la performance de leurs lauréats sur le marché du travail.

Dans ce contexte, l'APEFE a mis en place une intervention en formation professionnelle en alternance et  soutien au développement économique local. Elle s'inscrit en faveur des filières « mécanique automobile », « construction bâtiment » et « électromécanique » et ouvre un espace d'échange et de dialogue entre les différents intervenants du secteur.

Des réseaux ont été mis en place pour permettre des contacts entre le Ministère de l'Education Nationale, l'Institut National de Formation professionnelle, les centres de formation professionnelle et les entreprises. Les formations proposées aux techniciens/formateurs des centres de formation professionnelle et des entreprises, sont dorénavant en relation directe avec les besoins des secteurs d'activités.

Aussi graves aient été les turbulences politiques, l'APEFE a réussi à concentrer ses efforts sur l'organisation d'un premier cycle de formation de formateurs en filière mécanique automobile, dont le dernier module sera dispensé janvier 2005 et évalué peu après.
Les cours dispensés par les formateurs belges ont rencontré un grand succès car ils correspondent parfaitement aux besoins identifiés.  

L'implantation d'un pôle technologique au centre de formation Canado Technique (qui représente l'antenne du réseau) a été finalisée.  L'élaboration de nouveaux programmes de formation en électricité et en électronique dans le secteur de la mécanique auto, sera finalisée début 2005.  
Les activités correspondant à la mise en Suvre d'un système de formation en alternance (accompagnement des étudiants en stage en entreprise) ont subi un léger retard en raison des troubles politiques qui ont bouleversé le pays entre décembre 2003 et mars 2004 mais sont planifiées pour 2005.  

Deux nouvelles interventions devraient venir s'ajouter à l'intervention en cours et ainsi compléter le projet en formation professionnelle. 
L'une, actuellement à l'instruction, est un appui technique à la mise en Suvre d'un système de formation professionnelle en alternance et soutien au développement économique local pour le secteur de la construction et du bâtiment. Un atelier de planification du projet se tiendra en février 2005. 
L'autre, actuellement en identification, consisterait en un appui technique à la mise en Suvre d'un système de formation professionnelle en alternance et de soutien au développement économique local appliqué à la filière électromécanique / électrotechnique.


2.2. Education : enseignement supérieur

Réforme de l'enseignement des sciences : mise en place d'une licence en chimie.

L'intervention de l'APEFE en enseignement supérieur, repose sur un renforcement de l'enseignement des sciences, et plus spécifiquement de la chimie, au sein de deux institutions: la Faculté des Sciences (FDS) de l'Université d'Etat et l'Ecole Normale Supérieure.
L'ouverture du nouveau programme de licence interfacultaire de chimie, préparée en 2002, a eu lieu en octobre 2003, et a été recentrée afin de répondre plus justement aux besoins exprimés par les partenaires haïtiens. Une requête de la CUD à l'APEFE pourrait prolonger l'intervention jusqu'en 2006.
Si l'année académique 2003-2004 a été bouclée malgré les nombreux retards provoqués par la crise politique, l'année académique 2004-2005 a démarré avec un retard de six semaines.  A la mi-novembre 2004, les cours de la licence pour la première et la seconde année ont repris.  La FDS a annulé les vacances de Noël afin de rattraper le temps perdu. 


2.3. Education : équipement scolaire et formation

En Haïti, le faible niveau de l'enseignement peut relever des raisons suivantes :

> inadéquation du contenu des programmes par rapport à l'environnement dans lequel vivent les jeunes ;
> les établissements scolaires sous-équipés et méthodes d'enseignement souvent inadaptées : les cours de sciences se donnent sous forme de cours magistraux, sans travaux pratiques  par manque ou inadaptation du matériel didactique ;
> cadres enseignants préfèrent quitter le pays pour fuir la grave crise économique ;
> l'Etat ne pouvant répondre à la forte demande de scolarisation : 90% de l'offre relève du secteur privé  et est souvent de bas niveau.

L'intervention de l'APEFE démarrée en août 2003 pour une durée de trois ans, s'est inscrite dans une des priorités établies par le gouvernement haïtien en termes d'éducation: la fabrication d'un matériel didactique adapté aux différentes disciplines du "Nouveau Secondaire". Son utilisation renforcera la qualité de l'enseignement donné, surtout en sciences expérimentales et mathématiques.
Pour en réduire le coût, ce matériel est fabriqué en Haïti à partir d'une main-d'Suvre et de matériaux locaux.

L'enseignement des sciences, souffre d'un large déficit d'enseignants qualifiés de tous niveaux.  Ce problème peut s'expliquer par l'absence, en amont, de techniciens porteurs d'une bonne formation scientifique et capable de la diffuser. Un impact négatif direct se traduit donc en aval, par le faible niveau des intervenants (enseignants et formateurs) en éducation de base ou en formation professionnelle.

D'août à décembre 2003, les machines-outils expédiées de Belgique et destinées à l'atelier de recherche ont été installées au sein de la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat d'Haïti.  Une formation des techniciens affectés à la manutention du matériel a été donnée dans le cadre d'une mission de courte durée.

Cette intervention menée notamment sur financement de la Région wallonne, comporte deux axes : d'une part, la production de matériel didactique pour l'enseignement des sciences dans le secondaire, et, d'autre part, le renforcement du Ministère de l'Education Nationale dans le domaine de l'enseignement des sciences.

En raison des troubles politiques, l'intervention a été fortement retardée. La première phase 2003-2004 consistait en la production du matériel didactique et sa distribution à 125 écoles pilotes. La phase de validation des prototypes à fabriquer n'ayant pu avoir lieu qu'à la fin de l'année 2004, la production des 125 exemplaires de matériel a dû être reportée aux premiers mois de l'année 2005.
En conséquence, la deuxième phase, consistant en l'expérimentation du matériel et le suivi pédagogique, initialement planifiée pour 2004-2005, est reportée d'environ six mois.
Dernière mise à jour : ( 23-05-2006 )
 
 

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